Autoédition VS Maison d’édition

Lorsqu’un auteur a mis le point final à son texte, que celui-ci a été lu, relu et re-relu par les bêtas, et corrigé au moins autant de fois, arrive enfin l’épineux sujet de l’édition. Qui sera en charge de la publication du prochain best-seller ? Fut un temps où la question ne se posait pas : on cherchait une maison d’édition, et puis c’est tout. L’autoédition était réservée aux « mauvais » qui ne passaient pas les barrières des comités de lecture. Aujourd’hui cependant, les choses ont évolué, et l’on trouve de plus en plus d’auteurs qui font le choix, éclairé et conscient, de l’autoédition, sans parfois même tenter leur chance auprès des maisons d’édition.

Mais ce choix est-il si simple ? Petit tour d’horizon des pour et des contres…

(Remarque : je ne parlerai pas ici de cette monstrueuse arnaque que constituent les maisons d’édition participatives ou à compte d’auteur).

Maison d’édition

Les + + + + +

Le prestige. Oui, parce que les habitudes ont la vie dure, et qu’aujourd’hui encore, pour un grand nombre de lecteurs (et plus encore ceux qui sont plongés jusqu’au cou dans le monde littéraire : libraires, bibliothécaires, etc.) un livre ne peut pas être bon s’il n’a pas été édité par une maison d’édition.

Le travail d’édition, et en disant cela je pense essentiellement à :

  • la correction (normalement supérieure à celle des bêtas, à tous niveaux : style, orthographe, syntaxe…)
  • la mise en page (avec notamment la réalisation d’une couverture du tonnerre qu’on n’aurait jamais pu faire seul)
  • la communication (services presse et publicité auprès des librairies, salons du livre, blogueurs, médias et autres…)

L’esprit d’équipe et le sentiment d’appartenance : on n’est plus tout seul à se débattre avec son œuvre. La maison d’édition permet de trouver des personnes ressources pour être aidé à chaque étape, et d’autres auteurs avec qui partager cette belle aventure.

La qualité : si la maison d’édition a bien fait son travail, le livre sera plus proche du chef d’œuvre en sortant de l’imprimerie qu’au moment de sa première lecture par le comité.

Les  –  –  –  –  –

La rémunération. Clairement, avec des droits d’auteur variant de 6 à 10% du prix du livre pour un débutant, si on choisit la maison d’édition, ce n’est pas pour faire fortune.

Les baisses de moral en cas de refus. D’autant que si certaines maisons se donnent la peine d’expliquer le pourquoi, d’autres se contentent d’un courrier impersonnel, voire ne répondent pas du tout. Difficile dans ces conditions de rester optimiste !

Le temps. Oui, pour être édité dans une maison d’édition, il faut être patient. Plusieurs mois pour passer en comité de lecture, puis si l’on a la chance d’être choisi, de nouveau plusieurs mois pour préparer le manuscrit à sa grande sortie.

La perte d’identité : une fois passée la joie d’avoir été accepté par une maison d’édition, on peut vite déchanter lorsque le texte est remanié pour coller à la ligne éditoriale sans forcément tenir compte du message initial que l’on souhaitait transmettre.

La pression. Qui dit maison d’édition, dit plusieurs personnes sur le coup pour assurer la sortie du livre à la date prévue. Donc, un timing à respecter pour l’auteur aussi !

Autoédition

Les + + + + +

La rémunération. Eh oui, à l’inverse de la maison d’édition, puisque l’auteur assume lui-même tout le travail éditorial, il est légitime qu’il touche en droits d’auteur environ 70 à 80% du prix de son œuvre.

La liberté. Il est agréable de pouvoir avancer à son rythme, sans avoir de compte à rendre à qui ce soit, si ce n’est éventuellement à un lectorat impatient. Et l’on peut donner à son texte l’orientation que l’on souhaite, hors de toute considération éditoriale.

La fierté : quand on a réussi à accomplir, seul, la démarche entière de l’édition d’un livre, avec toutes les étapes que cela comporte et les nombreuses casquettes qu’il faut enfiler, eh bien oui, on peut être fier de soi !

Les  –  –  –  –  –

Le travail éditorial. Inutile de rappeler qu’être correcteur, concepteur de couvertures ou chargé de communication, ce sont des métiers. Difficile donc, lorsqu’on est auteur, d’assumer toutes ces tâches :

  • il faut se trouver un bon correcteur, sachant que les professionnels sont chers et que les amateurs restent souvent… des amateurs,
  • il faut savoir faire (ou connaître quelqu’un qui sait faire) de jolies couvertures, attractives et originales,
  • et il faut avoir un plan de communication béton (présence constante sur les réseaux sociaux, services presse auprès des blogueurs, sollicitation des lecteurs pour commenter sur les sites littéraires et commerciaux…)

La visibilité : n’importe qui pouvant publier en autoédition, sans filtre, il est facile de se retrouver noyé dans la masse. On en revient donc au point précédent : la nécessité d’avoir un plan de communication soigneusement étudié.

La solitude. Lorsque l’on s’autoédite, il faut savoir que l’on est seul de bout en bout. Et que ce n’est pas toujours facile à gérer, surtout lorsque quelque chose ne va pas comme on voudrait.

Conclusion

En réalité, il n’y a pas de « bonne méthode ». Le choix de prendre une maison d’édition ou de s’autoéditer doit se faire en fonction de ce que l’on sait faire, et de ce à quoi on souhaite aboutir.

Il n’est pas impossible, non plus, de changer d’avis. Dans ce domaine (en dehors des termes du contrat signé avec la maison d’édition, bien sûr) il n’y a pas vraiment de règle.

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Afin d’illustrer mon propos, j’avais envie de vous parler un peu de moi, moi en tant qu’auteur. Je devrais bientôt faire partie de ceux qui ont changé d’avis en cours de route. En effet, pour mon premier roman, j’ai choisi l’autoédition car je souhaitais concrétiser mon projet immédiatement, et n’avais pas la patience de contacter les maisons d’édition et surtout d’en attendre une hypothétique réponse positive. Cependant, si la correction et la mise en page ne m’ont pas posé de problème majeur, j’ai été incapable d’assurer en termes de communication. Me vendre, ce n’est pas mon fort. Alors, pour mon deuxième roman, j’envisage sérieusement l’option « maison d’édition ». Ne reste qu’à franchir le pas !

Claire

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