L’innocence des bourreaux – Barbara Abel

Résultat d’images pour l'innocence des bourreauxBelfond – 2015 – 336 pages

••••• Résumé

Dans une supérette de quartier, quelques clients font leurs courses, un jour comme tant d’autres. Parmi eux une jeune maman qui a laissé son petit garçon de trois ans seul à la maison devant un dessin animé. Seulement quelques minutes, le temps d’acheter des couches pour la nuit. Parmi eux un couple adultère. Parmi eux une vieille dame et son aide familiale, un caissier qui attend de savoir s’il va être papa, une mère en conflit avec son adolescent. Des gens normaux, sans histoires, ou presque. Et puis un junkie qui, à cause du manque, pousse la porte du magasin, armé et cagoulé. Mais quand le braquage tourne mal et que, dans un mouvement de panique, les rôles s’inversent, la vie de ces hommes et femmes ordinaires bascule dans l’horreur. Dès lors, entre victimes et bourreaux, la frontière est mince. Si mince…

••••• Mon avis

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Coup de cœur

Ce roman est loin d’être le premier de Barbara Abel, mais il est le premier que je lis. Une découverte qui m’a littéralement scotchée. Je n’ai pu refermer ce livre qu’une fois la dernière page tournée, ce qui ne m’aura finalement pris que quelques heures.

L’histoire s’ouvre sur Jo, un junkie que le manque va pousser, armé et cagoulé, dans une supérette de quartier. Le magasin est banal, et ceux qui s’y trouvent sont des monsieur et madame tout-le-monde, des gens comme vous et moi, dont nous allons d’ailleurs suivre brièvement l’histoire (un chapitre pour chacun) avant de revenir à l’action.

Puis le braquage dérape, et pour chaque personne ici présente vient le temps des choix, des décisions, des actions qui l’entraîneront sur des chemins plus ou moins tortueux. On va de rebondissement en retournement de situation, et chaque nouvelle découverte relance le suspense. Le style est incisif, percutant, et l’auteur sait parfaitement retranscrire les pensées à l’œuvre et l’explosion des sentiments qui vont conduire telle ou telle personne à bouleverser ses propres principes. C’est haletant, surprenant, dérangeant ou poignant selon qu’on s’identifie à tel ou tel personnage.

Barbara Abel tire dans ce roman une croix définitive sur le manichéisme, car il n’y a pas de gentils ni de méchants dans son récit, seulement des êtres humains avec leurs questionnements, leurs faiblesses et leurs défauts.

+++++ Ce qui m’a vraiment plu

Le style addictif qui sait nous entraîner d’un bout à l’autre du récit sans l’ombre d’une hésitation, et qui dépeint avec une admirable précision les pensées et les émotions pouvant se bousculer dans notre tête.

Le personnage de Germaine, vieille dame haute en couleur et en répartie, qui m’a fait rire quasiment tout le long de l’histoire. J’ai trouvé que c’était le personnage le plus attachant de toute cette ribambelle de protagonistes.

« – Dites, intervient Germaine Dethy, c’est pas pour dire, mais je commence à avoir la dalle, moi ! C’est bientôt l’heure de mon goûter et j’ai la fringale mauvaise !

Aline lui jette un regard excédé.

– Il n’y a pas que la fringale qui est mauvaise, chez vous ! »

 

– – – – Ce que j’ai moins aimé

La fin. Je n’ai pas été gênée de ne pas avoir toutes les réponses, je trouve que cela garde les personnages vivants et permet de continuer à penser à l’histoire bien après avoir refermé le livre ; mais l’auteur semble avoir coupé son récit un peu au hasard. Du coup, je m’attendais à lire encore une petite dizaine de pages et j’ai été très surprise (déçue, même, j’avoue) de me rendre compte que j’avais terminé ma lecture.

••••• Pour conclure

J’ai fait une très belle découverte avec ce roman, et si les autres livres de l’auteur sont de la même qualité, j’irai les dévorer à leur tour avec le plus grand plaisir.

« Le cœur qui hésite entre le plein régime et l’arrêt total. Les muscles qui se tendent jusqu’à la tétanie. Le souffle qui suspend son vol et se bloque dans la gorge. Les cheveux qui se dressent, les pensées qui se figent, les boyaux qui se tordent. »

••••• A qui plaira ce livre ?

Toute personne aimant le genre thriller/polar est susceptible d’apprécier cette lecture. L’écriture est très abordable et on peut facilement s’identifier à certains de ces personnages du quotidien qui pourraient être nos voisins, nos proches, voire nous-mêmes.

Claire

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