Câlins assassins – Delphine Paquereau

Max Milo – 2016 – 250 pages

••••• Résumé

Delphine a 4 ans lorsque son enfer commence…
“On s’est toujours promis, avec maman, qu’on n’en parlerait plus, que c’était fini. Sauf qu’après cette promesse que je me refusais de trahir, j’ai eu de nombreux mauvais moments à passer. Je cherchais toujours à savoir pourquoi je me sentais si mal dans ma peau, pourquoi la peur de mourir m’envahissait de nouveau, comme dans l’enfance. J’ai pris peu à peu conscience que ce mal-être venait probablement du vagabondage hospitalier vécu dès mon plus jeune âge, de la façon dont ma mère me manipulait, de toute cette tristesse, ces peurs, toutes ces émotions si bien refoulées depuis des années. Mon esprit ne veut pas se souvenir mais mon corps, lui, n’a rien oublié et me le fait savoir.”
Le syndrome de Münchhausen par procuration est une forme grave de sévices à un enfant au cours de laquelle l’adulte qui a la charge de l’enfant provoque de manière délibérée chez lui des problèmes de santé sérieux et répétés avant de le conduire auprès d’un médecin.

••••• Mon avis

Afficher l'image d'origineCoup de cœur

Malgré un attrait prononcé pour tout ce qui touche à la psychologie, j’ai hésité à lire ce livre parce que je craignais de me projeter en tant que maman dans cet enfer. Finalement, je me suis quand même laissé tenter, et tant mieux ! Je suis restée scotchée…

L’auteure retrace sa vie d’enfant victime du syndrome de Münchhausen par procuration, dans une ultime tentative pour se défaire de sa mère et des terribles conséquences de leur relation dévastatrice.

Dès toute petite, Delphine est martyrisée par sa mère, dont elle recherche désespérément l’amour, et par son tyrannique frère aîné qui la frappe et l’humilie, dans le silence de leur père qui ne voit rien – ou ne veut rien voir. Traînée de médecins en hôpitaux à la recherche d’une pathologie inventée de toutes pièces, qui finira par lui coûter un rein, Delphine souffre en silence mais veut se convaincre malgré tout de l’amour de sa mère. Cette ambivalence la poursuivra toute sa vie.

Au travers des courriers que se sont échangés les médecins et de ses propres souvenirs, l’auteure fouille dans sa vie de petite fille, d’enfant puis d’adolescente évoluant dans l’ombre d’une mère possessive et instable et dans la peur de la maladie et de la mort.

Un témoignage bouleversant, qui illustre la capacité de manipulation des personnes atteintes de ce syndrome heureusement rare, auprès du corps médical comme auprès de l’ensemble de leurs proches. Le récit fait également la lumière sur l’attachement de la fillette pour sa mère, malgré les maltraitances, à la recherche d’un amour dont aucun enfant ne devrait être privé.

Bref, ce roman m’a prise aux tripes et privée de quelques heures de sommeil, mais cela valait le coup. La fin est une délivrance.

+++++ Ce qui m’a vraiment plu

Le sujet, le syndrome de Münchhausen par procuration, est terrible mais rare et donc encore peu connu. Le témoignage de Delphine Paquereau permet de mieux en comprendre les mécanismes.

Le témoignage en lui-même, avec les souvenirs d’enfance de l’auteure, est particulièrement poignant.

– – – – Ce que j’ai moins aimé

L’échange de courriers entre médecins a son intérêt, mais il est replacé tel quel dans le récit, avec l’ensemble des terminologies médicales. Et même pour moi qui ai eu un pied dans le milieu, j’ai trouvé cela parfois long et ai sauté quelques passages.

••••• Pour conclure

C’est une histoire dure, mais passionnante. Elle m’a fait rentrer dans le quotidien d’une famille victime de cette terrible maladie qu’est le syndrome de Münchhausen par procuration, et m’a plus d’une fois donné envie de rentrer dans le récit pour changer le cours des choses et mettre fin à ce calvaire.

« Plus les jours et les semaines passent, plus j’en ai marre. Pourtant, j’aime l’attention qu’elle me porte, qu’elle s’inquiète pour moi. Cela signifie qu’elle m’aime, non ? Mais je voudrais son amour sans tous ces examens, sans ces médecins autour de nous. Quand je suis couchée comme une malade, je voudrais qu’elle me prenne juste dans ses bras, sans me poser toutes ces questions et sans me palper. »

••••• A qui plaira ce livre ?

A beaucoup de monde. A tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au sujet, qui y sont sensibles ou qui veulent le découvrir.

Claire

 

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