Interview de Katja Lasan

katja-lasan-705630-250-400

Katja lasan est une auteur Suisse que j’ai eu la chance de rencontrer au salon du livre de Poitiers. Son premier livre « Gueule d’ange » en auto-édition a été succès.

Vous aimez les personnages un peu fêlés, un brin torturés, mais toujours attachants? Les histoires fraîches, dynamiques et puissamment addictives? Son univers est pour vous.

Retour sur un parcours hors normes.

• Depuis combien de temps écrivez-vous?

J’écris depuis que j’ai une dizaine d’années, principalement des nouvelles. Mon premier « roman », j’avais 12 ans. Une histoire d’aventure fantastique pour enfants. J’avais rédigé plus d’une centaine de pages manuscrites

• Pourquoi avoir choisi l’auto-édition pour Gueule d’ange?
J’ai commencé son écriture en décembre 2013. Le point final a été posé en avril 2014. Entre les deux, je l’ai diffusé sur le réseau social Facebook, à coup de 2 ou 3 chapitres par semaine. Les premiers lecteurs qui me suivaient m’ont affirmé que ce roman ne pouvait pas rester anonymement dans mon ordinateur. Le problème, c’est que les maisons d’édition que j’ai contacté n’ont pas semblé avoir le même avis. Trop de romance, trop de sexe, trop « roman de gare », « pas dans notre ligne éditoriale »… Après, j’ai fais des erreurs. Débutant dans ce milieu, je me suis focalisée sur les grands noms. Ne connaissant rien à l’univers de la romance —ce n’est pas du tout ce que je lis—, je n’ai pas réalisé à quel point ce genre littéraire rencontrait du succès et du nombre de « petits » éditeurs qui étaient à la recherche d’auteurs francophones. Connaissant le potentiel de mon histoire et encouragée par mes lecteurs, je n’ai pas baissé les bras face aux refus. J’ai fais des recherches et découvert l’auto-publication. Après quelques renseignements, j’ai choisi de travailler avec JePublie qui a fait un super boulot. D’ailleurs, je collabore à nouveau avec eux pour le Journal d’été d’un ado déjanté, une sorte de prequel à Gueule d’ange, qui sortira aux alentours du 11 juillet.

• Vous attendiez-vous à un tel succès?
Pas du tout. J’en suis encore la première étonnée, ne réalisant pas à quel point Gueule d’ange a fait et fait encore parler de lui. Tout est parti de la quarantaine de premiers lecteurs, le bouche à oreille est ma première publicité. Ensuite, c’est le travail, l’investissement. J’ai créé des flyers, des affiches, que je suis allée placarder et distribuer dans les grandes villes de Suisse romande. J’ai fait un dossier de presse et j’ai démarché les librairies de ma région. Je fais les livraisons moi-même. Je suis très présente sur les réseaux sociaux. Je suis également allée aux devants de médias suisse, et quelques français, dont la plupart ne m’ont jamais donné réponse. Tant pis, ce n’est pas grave. L’important, c’est le nombre de messages très touchants et positifs que je reçois chaque jour depuis la sortie de la duologie. J’en suis impressionnée.

• Les maisons d’éditions vous ont-elles contacté pour le commercialiser ?
J’ai eu des propositions, mais après réflexion, j’ai refusé, car j’ai investi tellement de temps et d’énergie, qu’à l’heure actuelle, je ne me sens pas prête à abandonner mes droits et tout l’univers que j’ai créé autour des personnages (ils ont leur profils Facebook) au profit d’un éditeur. A moins qu’une grosse maison d’édition ne vienne à moi, avec des moyens de distribution importants et qui me permettraient de toucher un public plus large.  Finalement, c’est cela qui me manque : un diffuseur.

• Vous êtes suisse, comment avez-vous réussi à le faire voyager en France?
Le bouche à oreille, justement, puis ma famille et mes amis français. Mais surtout, tout est parti des booktubbeuses. Dans ma région, j’ai été approché par l’une d’entre elles, avec qui j’ai fais une interview. Celle-ci a intéressé une booktubbeuse française qui m’a commandé les livres et a eu un gros coup de coeur. Elle en a parlé dans sa vidéo et sur son blog. Et tout a commencé… Après, j’ai découvert le monde des chroniques. J’ai créé des contacts, je me suis inscrite à des salons du livre, au premier Festival du roman féminin. Rien n’est acquis, c’est un travail quotidien d’acharnement et de volonté. Une ambition positive, comme j’aime à le répéter.

• Votre dernier roman a été édité avec les éditions Cyplog. Comment en êtes-vous arrivée à collaborer?
Après Gueule d’ange, je me suis lancée dans une saga d’un autre genre : une romance fantastique, Le Talisman de Pæyragone. Idem que la première fois, je l’ai diffusé sur Facebook, puis j’ai décidé de retenter ma chance auprès d’un éditeur, mais avec l’expérience, je m’y suis prise autrement. J’ai bien retravaillé mon texte avant de l’envoyer, puis j’ai ciblé les maisons d’édition avec une ligne éditoriale correspondant au genre. Les connues, les moins connues… Les Editions Cyplog ont eu un coup de coeur immédiat. Moins de 48 heures après mon envoi par mail, elles m’ont contactée. Quelques semaines plus tard, je signais mon contrat pour le tome 1.

• Avez-vous une date à nous communiquer pour le tome 2 ?
Non. Il est écrit. Maintenant, il faut faire le travail de corrections et de mise en page. Une seule chose est sûre : vous n’aurez pas une année à attendre pour l’avoir 😉

• Travaillez-vous sur un nouveau projet?
Le Talisman de Pæyragone est une saga en 4 tomes. Il me faut encore écrire les no 3 et 4. Sinon, oui, j’ai de nouvelles histoires en tête. Une romance, un polar fantastique, et peut-être l’envie d’approfondir un peu plus le monde de Gueule d’ange. J’étais contre les spin-off, mais à faire évoluer les personnage sur Facebook, cela m’a rapproché encore un peu plus d’eux et je réalise à quel point j’aurais des choses à raconter sur chacun. Je n’ai pas encore l’idée du comment, de quelle période de leur vie. Je me laisse le temps et quand je le sentirai, au fond de mes tripes d’auteur, alors je me mettrai devant l’ordinateur et ce sera parti. C’est comme ça que je fonctionne avec chaque histoire.

• Avez-vous d’autres passions?
Le cinéma en premier, la musique ensuite. Et avant tout, mon fils 😉

Merci beaucoup pour le temps accordé à me répondre.

Carole

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s