Interview de Sophie Tal-Men

sophie tal menAujourd’hui, nous allons faire connaissance avec Sophie Tal-Men. Son parcours est atypique et va faire rêver beaucoup d’entre vous. Son premier livre « Les yeux couleur de pluie » est sorti le 4 mai mêlant médecine et romance. Un beau succès s’annonce…

Tout d’abord, merci de nous avoir accordé du temps pour répondre à nos questions.

Avant d’auto-publier « Les yeux couleur de pluie », l’avez-vous envoyé à des maisons d’édition ?

Oui. J’ai achevé le manuscrit des « yeux couleur de pluie » en février 2015. Sans trop savoir comment procéder par la suite. Je connaissais la plateforme KDP d’Amazon et j’avais pu suivre quelques « sucess story ». Mais j’avoue que l’idée de m’exposer en auto-éditant mon texte seule sur internet m’effrayait beaucoup. Sans doute lié au fait que je suis neurologue à l’hôpital. J’avais peur qu’on me reconnaisse, qu’on me critique et qu’on me juge. Compliqué d’avoir confiance en son manuscrit – suffisamment pour le publier – quand les seuls retours sur le texte sont ceux de la famille et des amis proches. Public conquis d’avance.
Je l’ai donc d’abord envoyé à 16 grandes maisons d’édition. En croyant au miracle : que le texte soit repéré parmi les 40 reçus quotidiennement. Les réponses pouvaient mettre plusieurs mois, c’était noté sur leur site. Je le savais et pourtant… cela m’a semblé très long. Interminable. Je pensais sans cesse à mes personnages : Marie-Lou, Matthieu, qui m’avaient fait vibrer durant ces longs mois d’hiver et que j’avais eu tant plaisir à faire évoluer au fil des pages. Impossible d’imaginer qu’ils puissent rester au fond de mon tiroir ! Impossible ! J’avais besoin d’être lue, besoin des retours de lecteurs inconnus. Comme quand on attend un bébé, que la fin des 9 mois approche et qu’on trépigne d’impatience.
Au bout de deux mois, seules deux maisons m’avaient répondu négativement. Le texte ne rentrait pas dans leur ligne éditoriale. Phrase évasive passe-partout qui me faisait me demander si le texte avait vraiment été lu. L’écriture du manuscrit commençait à être loin et la confiance que j’en avais s’étiolait au fil des jours.
Alors j’ai décidé – poussée par mes proches – de choisir moi-même le jour de l’accouchement. Il se ferait à la maison, seule, devant mon ordinateur. Et en un clic, la peur au ventre, j’ai posté mon texte le 29 avril 2015 sur KDP.
Sur ma page auteure, une femme en ciré jaune posait de dos. Mon éditrice quelques mois plus tard a pensé à un coup-marketing. J’étais juste incapable à ce moment de montrer mon visage.

• Votre livre est sorti en avril 2015 (sauf erreur de ma part) et bat des records de vente, comment l’avez-vous vécu ?

Alors que l’attente m’avait semblé si longue les mois d’avant, là, ce fut l’excès inverse. En seulement 15 jours, les ventes ont explosé et je me suis retrouvée dans le top 10 des ebooks d’Amazon. Au bout d’un mois, j’étais numéro 1. Avec plus de cent téléchargements par jour !
Je me souviens avoir été très vite appelée par l’équipe d’Amazon se demandant qui était l’auteure inconnue arrivant en tête de leur palmarès. Plusieurs coups de téléphone ont suivi plus improbables les uns que les autres. Une grande maison d’édition puis une deuxième…

• Fin août 2015, retrait de votre livre de la plate-forme Amazon car il va être publié chez Albin Michel, comment s’est passée la prise de contact?

Comme le début de cette aventure d’auto-édition, ce fut juste un rêve. Je suis allée fin juin à Paris rencontrer deux maisons d’édition. L’accueil fut très chaleureux. Un vrai tapis rouge ! À tel point que je ne savais pas laquelle des deux choisir en rentrant en Bretagne.
La liste des auteurs déjà édités chez Albin Michel (Van Cauwelaert, Nothomb, Pancol, Ledig…), la rencontre avec Lina mon éditrice, la confiance et la motivation de leur directeur éditorial : Richard Ducousset m’ont définitivement convaincue.

• Vous êtes médecin, la relation avec vos collègues ou patients a-t-elle changé ?

Non, pas du tout. Mes patients et la plupart de mes collègues ne sont pas au courant. Et pour ceux qui le sont, les réactions sont toujours positives.
J’aime être discrète à ce sujet. Peut-être par pudeur, par humilité. Compliqué d’aborder le succès du livre sans avoir l’impression de se vendre ou même de paraître orgueilleuse. 
Cela me semblait normal de publier sous pseudonyme. Non pas pour me cacher mais pour ne pas avoir le même nom que celui avec lequel j’exerce la médecine. Aujourd’hui, je me complais dans ce double-métier, dans cette double-vie en quelque sorte.

• Avec votre métier, quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

L’inspiration me vient le soir quand mes trois enfants sont couchés. Au lieu d’allumer la télé, c’est l’ordinateur que j’ouvre sur mes genoux.
Mes personnages sont toujours dans un coin de ma tête au travail. Quand il m’arrive d’avoir une idée entre deux consultations, je la gribouille sur un bout de papier ou dans les notes de mon téléphone pour l’exploiter le soir venu au son de la trompette d’Ibrahim Maalouf.

• Avez-vous d’autres passions ?

Depuis que je suis enfant, j’aime être dans la création: poèmes, dessin, théâtre… Laisser libre cours à mon imaginaire débordant. Activités artistiques que j’ai dû mettre de côté après le lycée en me consacrant pleinement à mes études de médecine.
L’année dernière fut le moment pour moi de rattraper le retard. Si retard il y a…

• Un tome 2 va t-il voir le jour ?

« Les yeux couleur de pluie » sera une trilogie. C’était prévu dès le départ.
Comment m’éloigner de Marie-Lou et de Matthieu après le dernier chapitre ? Impensable ! 
Vous les retrouverez donc l’année prochaine, toujours chez Albin Michel. L’écriture est déjà terminée avec des retours très positifs du comité de lecture de la maison. 
Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il y aura encore plus de Matthieu. Que je me suis vraiment amusée avec son personnage. 
Je suis actuellement en pleine rédaction du tome 3… J’y ai pris goût, on ne m’arrêtera plus !

• Quels conseils donneriez-vous aux écrivains débutants?
Mon premier conseil aux auteurs qui achèvent leur premier roman c’est de ne pas laisser leur manuscrit au fond de leur tiroir. S’ils y croient, qu’ils ont cette envie forte d’être lus, alors il ne faut pas qu’ils se contentent des réponses négatives des maisons d’édition. Ils reçoivent trop de manuscrits par jour pour ne pas laisser passer quelques perles à travers les mailles de leur filet. Les plateformes comme KDP, Wattpad… sont des testeurs d’opinion et peuvent être de vrais tremplins pour certains auteurs. Mon expérience en est la preuve !
Sur le Net, pas de recette miracle. Ça se saurait. À part peut-être une belle couverture qui donne envie, un résumé soigné et vendeur. Tous les genres ont leur place. Du polar au roman biographique, de science fiction ou de littérature sentimentale.
Après, c’est une histoire un peu magique de bouche à oreille.

Merci Sophie et nous vous souhaitons une belle carrière littéraire.

Carole

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Une réflexion sur “Interview de Sophie Tal-Men

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