Un employé modèle – Paul Cleave

Sonatine – 2010 – 350 pages

••••• Résumé

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, Joe Middleton travaille comme homme de ménage au commissariat central de la ville. Ce qui lui permet d’être au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle relative au Boucher de Christchurch, un serial killer accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Pourtant, même si les modes opératoires sont semblables, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch. Contrarié, Joe décide de démasquer le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la responsabilité des autres meurtres… Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d’une originalité confondante, au-delà des clichés du genre, révèle un nouvel auteur, dont on n’a pas fini d’entendre parler.

••••• Mon avis

Déçue

C’est une amie qui m’a prêté ce livre. Lorsque j’ai lu le résumé, j’étais plutôt emballée. Un récit du point de vue du tueur, sans être révolutionnaire, ça reste une idée sympathique. D’autant que ce psychopathe-ci, seul à savoir qu’une des victimes a été tuée par un autre, décide de mener l’enquête. Un bon scénario donc. Et qui partait plutôt bien. La plume de Paul Cleave est fluide, et se lit facilement. Le personnage principal, Joe, serial killer à l’humour noir qui se fait passer pour handicapé mental au commissariat où il fait le ménage, est plutôt bien campé. Il n’a aucune morale, mais il est convaincu d’être « normal ». Les relations qu’il entretient avec Sally, elle-même un peu simplette – et dont on suit le point de vue en alternance – paraissent insipides au départ mais leur intérêt croît au fur et à mesure de l’avancée dans le roman. Les personnages et les situations sont caricaturaux, c’est parfois amusant. J’ai également une mention spéciale pour les dialogues plutôt drôles entre Joe et sa mère sénile.

« — Tu ne viens plus jamais me voir. Ca fait une semaine que tu n’es pas venu !

— J’étais là hier soir, maman.

— Tu étais là lundi dernier !

— Et aujourd’hui, on est mardi.

— Non, on est lundi. Tu étais ici lundi dernier !

— Maman, on est mardi.

Elle me flanque une autre beigne près de l’oreille.

— Ne réponds pas à ta mère ! »

Mais…

Eh oui, malheureusement, il y a un « mais ». (Trop) rapidement, le récit s’essouffle. Les scènes se suivent et se ressemblent, l’ennui prenant le pas sur l’amusement. J’ai longtemps attendu un retournement de situation qui semblait ne pas vouloir venir. Il a tout de même fini par arriver, aux alentours de la page 200, en la personne de Melissa, mais hélas, la scène s’est révélée tellement peu crédible à mon goût que cela m’a fait décrocher. J’ai malgré tout poursuivi ma lecture, dans l’espoir que les choses allaient s’améliorer, et aussi car je déteste ne pas finir un livre (il en faut beaucoup pour m’arrêter en cours de route.) Mais le personnage de Melissa m’a définitivement gâché la fin du livre.

Dommage, donc. Je tenterai peut-être un autre livre de Paul Cleave, en espérant mieux m’y retrouver.

+++++ Ce qui m’a vraiment plu

Le concept. Suivre le point de vue d’un tueur en série psychopathe, surtout quand il décide de mener l’enquête, c’est sympa. Pour les amateurs, ça fait penser à Dexter (mais la comparaison s’arrête là).

La plume. Il faut le reconnaître, l’histoire est bien écrite et agréable à lire.

– – – – Ce que j’ai moins aimé

Le rythme qui peine à se maintenir, avec des irrégularités dans l’action.

Le personnage de Melissa et tout ce qui tourne autour. Je suis peut-être passée à côté du message de l’auteur, mais j’ai trouvé qu’elle apparaissait comme un cheveu sur la soupe et que ses interventions étaient aussi peu crédibles qu’inutiles.

••••• Pour conclure

Ce roman était prometteur, mais quelques longueurs au début et l’insertion d’un personnage un peu trop fantasque à mon goût m’ont fait perdre le fil de la lecture. Néanmoins, j’ai apprécié l’écriture de Paul Cleave et je m’intéresserai certainement à d’autres de ses œuvres, ne serait-ce que par curiosité.

« Deux minutes passent et je suis toujours en train de lire quand Angela sort de la salle de bains, tout en essuyant ses cheveux avec une serviette, dans un bain de vapeur blanche et d’odeur de lotion pour la peau. Je baisse le journal et je souris. Elle ouvre de grands yeux.

— Putain, vous êtes qui ? »

••••• A qui plaira ce livre ?

Aux fans de Paul Cleave, certainement. A ceux qui aiment l’humour noir. Et peut-être aussi à ceux qui aiment l’humour au second degré : je n’y ai pas été sensible, mais le manque de crédibilité de Melissa et de ses intrusions dans la seconde moitié du roman pourrait s’y apparenter.

Claire

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