On donne la parole à… Gilles

Aujourd’hui, nous faisons connaissance avec Gilles, instituteur retraité depuis peu et passionné de lecture depuis longtemps. Il a accepté de se prêter au jeu pour cette toute première interview qui, on l’espère, sera suivie de nombreuses autres…

Bonjour Gilles, et merci d’avoir bien voulu répondre à mes questions pour nous parler un peu de toi et de tes lectures…

Tout d’abord, quel lecteur es-tu ? Occasionnel, assidu, vorace ? Assidu ! Je ne peux pas me passer de lire, je suis obligé de lire le soir avant de me coucher et maintenant – depuis la retraite – également le matin au réveil.

lecteur 17

Quel est ton premier souvenir de lecture ? « Les six compagnons » (Paul-Jacques Bonzon). J’avais 11 ans et je venais de me faire opérer de l’appendicite. On m’en a offert un, j’ai lu toute la série. C’est ce qui m’a fait devenir un lecteur.

En règle générale, qu’est-ce qui te fait choisir un livre ? Le résumé. Je ne suis pas sensibles aux publicités, à l’actualité, aux modes…

Quel est le livre qui se trouve en ce moment sur ta table de chevet ? « Angor » de Franck Thilliez. Il est terrible. Passionnant.

De quel livre en particulier aurais-tu envie de me parler aujourd’hui ? « La 25e heure », de Virgil Gheorghiu.

La 25e Heure est l’effroyable histoire de Iohann Moritz.

Paysan roumain décrété juif sur dénonciation, il est tour à tour enfermé dans un camp de travail, torturé par les Hongrois, vendu aux Allemands qui, après lui avoir fait subir les pires ignominies, le reconnaissent comme l’un des leurs et lui donnent un uniforme SS.
Prisonnier des Américains, il sera traduit devant le tribunal de Nuremberg où cinquante-deux nations le déclarent criminel de guerre…
Plongé dans un univers absurde où l’individu broyé par l’administration n’existe plus, où l’idée de bonheur se perd dans la nuit des temps, Iohann nous renvoie l’image d’une humanité en déroute.

Si tu devais me décrire ce livre en trois mots, quels seraient-ils ? Captivant. Emotion. Révolte.

Quel est le personnage dans ce livre qui t’a le plus marqué ? Le personnage principal, Iohann Moritz. Accusé à tort, enfermé, ayant perdu sa dignité pour devenir un simple numéro, il a une force extraordinaire car il réussit à tenir le coup et à n’en vouloir à personne.

Qu’as-tu pensé lorsque tu as refermé ce livre ? J’ai pensé aux Hommes. Pourquoi certains sont-ils si barbares, si cruels, et comment en sont-ils arrivés là ? Pourquoi d’autres sont-ils si bons, si humains et où trouvent-ils la force de continuer à éclairer le monde malgré tout ce qui leur arrive ? Et enfin, pourquoi d’autres sont-ils indifférents à tout cela ?

A qui l’offrirais-tu ? A ceux qui se posent des questions sur la nature humaine.

« Il ne pouvait plus aller plus loin. Aucun homme n’aurait pu aller plus loin.

— Keep smiling ! ordonna l’officier les yeux fixés sur Iohann Moritz. Smiling ! Smiling ! Keep smiling ! … »

Merci beaucoup pour ces réponses, Gilles. Ce fut un plaisir d’échanger avec toi !

Claire

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2 réflexions sur “On donne la parole à… Gilles

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